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André Uzan

Ancien universitaire

Créateur d’entreprise

 

(Sources principales: http://www.airepme.org/images/File/2006/094_Lescompetencesentrepreneurales.pdf)

http://www.entrepreneuriat.com/fileadmin/user_upload/revue/RE0701%20CC%20EML%20MBB.pdf

 

Qu’est-ce qu’un créateur d’entreprise devrait savoir faire pour réussir sa création ?

Quelles sont les compétences nécessaires  du créateur d’entreprise?

Une réponse opératoire à cette question serait particulièrement utile à beaucoup :

-aux candidats à la création : pour connaître leurs forces et leurs faiblesses, savoir se préparer, s’entourer, se faire conseiller et accompagner ;

-aux conseillers et accompagnateurs : pour repérer vite et corriger les points faibles ;

-aux fournisseurs et financeurs : pour décider de prendre part ou non à l’aventure ;

-aux formateurs : pour définir le programme initial ou les modules offerts au choix.

Définissons le travail que le créateur doit faire et la notion de compétence avant d’examiner la liste des compétences nécessaires et les moyens de les réunir.

 

  1. Le travail du créateur d’entreprise ou entrepreneur

Toute création d’entreprise passe par les trois phases suivantes : de l’idée à l’opportunité, de l’opportunité au projet, du projet à la structure.

-L’idée de l’activité à créer, du produit ou service à offrir, peut résulter d’un goût, d’une intuition ou d’une recherche systématique ; goût pour telle ou telle activité professionnelle ou de loisirs ; intuition  surgissant d’une expérience ; recherche systématique de solutions nouvelles à des problèmes connus. Dans tous les cas, l’idée correspondant plus ou moins aux goûts et aux compétences du créateur mais elle n’est retenue que si elle représente une opportunité, une occasion réaliste à explorer et non un rêve utopique ou passager.

-Le projet conduit à définir les caractéristiques précises de l’entreprise à créer et à faire une prévision fondée et réaliste des moyens à lui affecter et des résultats qu’elle peut produire à différents termes. Il s’agit là de l’exploration nécessaire pour vérifier que l’idée est bien une opportunité à saisir et mesurer les chances de succès.

-La création est décidée une fois le pari jugé « gagnable » et les moyens de financement initiaux assurés. Il s’agit alors de mettre en place les moyens humains, techniques et informationnels ainsi que les outils de contrôle des réalisations. Le créateur devient chef d’entreprise au moins pour un temps.

Communs à toute création d’entreprise, ce travail, ces types d’activités, différent en difficulté selon les types suivants de création à préparer et réaliser :

-la  création-innovation, création d’un produit nouveau amenant un changement majeur ;

-la création-valorisation, création pour mettre au point et développer l’idée originale du produit avant de vendre l’entreprise.

-la création-externalisation (ou essaimage), création pour réaliser en sous-traitance des produits auparavant réalisées en interne.

– la création-reproduction, création d’une entreprise ressemblant à d’autres connues.

 

  1. La notion de compétence.

La compétence n’est pas le savoir ni le savoir-faire mais le « savoir en action » ; elle est propre à chaque personne et se prouve en situation.

C’est la capacité de combiner ses ressources pour faire face à des problèmes et situations complexes ; la capacité de mobiliser et de combiner ses savoirs (connaissances, vision stratégique), ses savoir-faire (pratique professionnelle, expérience compétences techniques, capacités d’apprentissage organisationnel) et ses savoir-être (comportements, attitudes, capacité d’adaptation) pour atteindre un but fixé dans une situation donnée avec les moyens disponibles.

Des spécialistes de la question ajoutent les deux précisions suivantes ;

La compétence mobilise deux types de ressources :

-des ressources incorporées : connaissances, savoir-faire, qualités personnelles, expérience, ressources physiologiques, émotionnelles, culture, valeurs, etc. ;

-des ressources liées à l’environnement : installations, machines, moyens de travail, informations, réseaux relationnels et professionnels, réseaux documentaires, banques de données, réseaux d’expertise, culture professionnelle du collectif de travail, etc.».

La combinaison concerne trois composantes et trois champs de ressources :

-la connaissance du comment : connaissance liée à la qualification et à l’expérience  professionnelle ;

-la connaissance de l’avec qui : connaissance liée à ses réseaux de relations ;

-la connaissance du pourquoi : connaissance liée à ses valeurs, croyances, intérêts, etc.

Finalement la compétence professionnelle est la « capacité d’agir avec pertinence et de réussir dans une situation de travail »

 

  1. Les compétences nécessaires au créateur d’entreprise.

Comme montré dans un article précédent « L’entrepreneur : des qualités innées ou des compétences acquises? », le succès du créateur dépend de ses compétences (ce qu’il sait faire) beaucoup plus que de ses traits de personnalité (ce qu’il est), ces traits n’étant, au mieux, que des facteurs « facilitants ».

Les compétences nécessaires au créateur ont fait l’objet de nombreuses typologies dont les suivantes :

-Les 5 capacités : capacité cognitive – capacité organisationnelle – capacité décisionnelle – capacité technique – capacité à identifier et exploiter des opportunités.

-Les 5 capacités : capacité à identifier et exploiter des opportunités – capacité à travailler intensément – capacité à diriger des individus – capacité politique à affirmer sa position dans un réseau d’affaires – capacité technique.

-Les 7 compétences : concevoir des produits/services – évaluer les diverses fonctions de l’entreprise – comprendre son secteur d’activité et ses tendances – motiver son personnel

– créer des relations d’influence dans son réseau d’affaires – planifier et administrer les activités de l’entreprise – exploiter les opportunités.

-Les 3 grands types de compétence : les compétences entrepreneuriales, les compétences managériales et les compétences technico-fonctionnelles.

C’est cette dernière typologie qui a été retenue par E.M Laviolette et C. Loue (enseignants-chercheurs à Advantia Paris) pour tenir compte de l’objectif visant à donner une référence claire et utilisable, au créateur comme à ses partenaires.

Chaque type de compétence a été largement détaillé et le début d’évaluation qu’ils ont tenté les ont conduits à ajouter une 4eme catégorie, les compétences comportementales. Par contre et pour le moment, il n’y a pas d’indication de niveau de maîtrise requis pour chaque compétence.

 

  1. La liste des compétences   (Source : Le référentiel de compétences entrepreneuriales       Loué –Laviolette-Bonnafous-Boucher  Revue de l’Entrepreneuriat)

Voici les indications principales, le détail figurant dans les tableaux ci-dessous p 4.

4.1. Les compétences entrepreneuriales

Ce sont celles que le créateur doit maîtriser à chaque étape du projet de création.

  • Imaginer les produits ou services correspondant aux besoins insatisfaits actuels et futurs.
  • Concevoir de nouveaux produits réalisables techniquement, vendables et rentables.
  • Concevoir un modèle d’affaires en définissant son système d’offre concurrentielle.
  • Concevoir son plan d’affaire en définissant sa stratégie et ses plans d’actions.
  • Concevoir l’organisation, réunir et répartir les moyens, coordonner les actions.

4.2. Les compétences managériales.

Ce sont celles que le créateur doit maîtriser une fois devenu chef d’entreprise.

  • Etre reconnu comme leader en obtenant l’implication des collaborateurs et partenaires.
  • Communiquer de façon pertinence vers l’intérieur comme de l’extérieur de l’entreprise.
  • Manager le personnel et l’organisation, suivre et contrôler la réalisation des objectifs.

4.3. Les Compétences fonctionnelles.

Elles concernent aussi bien la phase de préparation que celle d’exploitation.

  • En marketing: études de marché, segmentation, stratégie et promotion, etc.
  • En commercial: conditions de vente, prospection, argumentaire, fidélisation, etc.
  • En ressources humaines: compétences, recrutement, rémunération, etc.
  • En gestion administrative : réglementations, contrats, rémunérations, obligations légales.
  • En gestion de la trésorerie: prévisions de l’évolution des flux et relations avec la banque.
  • En gestion financière: prévisions des ressources-besoins, relations avec les financeurs.

4.4. Les compétences comportementales

Ont été ici retenues les capacités suivantes exigées par la multiplicité et la lourdeur des tâches à accomplir :

  • Bien tolérer et gérer l’ambigüité et le stress.
  • Faire preuve de créativité, flair et intuition.
  • S’impliquer avec détermination et persévérance dans ses projets
  • S’adapter facilement à des situations variées.

 

Conclusions. 

Il est sûr que personne ne peut prétendre maîtriser totalement toutes ces compétences mais il est tout aussi sûr qu’aucun candidat créateur ou chef d’entreprise ne peut espérer réussir sans rien connaître à chacune de ces compétences.

 

Il est clair que commencer avec des niveaux élevés de ces compétences accroit considérablement les chances de succès mais d’autres solutions existent pour qui a la volonté d’apprendre et l’intelligence de chercher à se faire aider :

– se préparer en suivant des formations ;

– recourir aux structures de conseils et d’accompagnement ;

– composer une « équipe entrepreneuriale » avec des compétences complémentaires, etc.

 

PS : on peut s’auto-évaluer gratuitement sur l’un des deux sites suivants :

http://www.cci.fr/web/creation-d-entreprise/test-entrepreneur

http://www.potentielentrepreneur.ca/

 

Aucune reproduction, ne peut être faite de cet article sans l’autorisation expresse de l’auteur ».  A.Uzan.2/04/2014

 

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