Le système d’expression des besoins
Les principes organisateurs de l’activité économique d’un pays peuvent être ramenés à trois ;
-un système d’expression de la hiérarchie des besoins à satisfaire ;
-un système de production des moyens de satisfaire ces besoins ;
-un système de régulation.
Dans ce premier article, on ne traitera que du système d’expression des besoins.
- Les système d’expression des besoins.
Tout commence nécessairement par les besoins à satisfaire.
On sait que dans ce domaine deux principes organisateurs sont possibles.
-la liberté est laissée à chacun de rechercher et de se procurer (par des moyens légaux) ce dont il a besoin, en quantité, qualité et moment ;
-chacun doit prélever sur des ressources communes la part qui lui revient, en quantité, qualité et moment, s’il y a le choix.
On reconnait là les principes généraux du libéralisme et du collectivisme économiques et si on introduit un système de valeur des biens et des services ainsi qu’une monnaie comme moyen d’échange on peut traduire les principes ci-dessus par les termes suivants :
-je suis libre d’acheter ce que je veux et au producteur de bien ou service que je veux à condition de payer ce qu’il me vend ;
-je ne peux obtenir qu’une part de la production de biens ou services décidée par une autorité et réalisée par tous les membres de la collectivité.
On voit les avantages et inconvénients de chaque principe.
Dans le libéralisme économique :
-liberté d’acheter ou d’auto-produire mais à concurrence de ses moyens ;
-investissements et production de biens et services orientée par les capacités d’achat ;
-incapacité de satisfaire ses besoins pour qui n’a pas les moyens de payer ;
-Incapacité de produire les biens et services nécessaires à chaque membre de la collectivité mais qui ne peuvent pas faire l’objet d’appropriation individuelle (défense, police, justice, etc.) ;
Dans le collectivisme économique :
-certitude d’obtenir une part des ressources collectives produites, part en principe égale pour tous ou dépendant des besoins de chacun ;
-impossibilité d’acquérir des biens ou services non collectivement produits ;
-impossibilité de répartir également les tâches nécessaires à la production collective ;
-risques de développement de sentiments d’inégalité ou d’iniquité.
-risque de voir l’économie orientée par les buts visés exclusivement par le Pouvoir (par exemple les armements).
- Les « tempérés » apportés à chaque système.
On sait que la « bataille » entre les deux principes organisateurs a fait rage ; elle s’est achevée par la « victoire » du libéralisme économique ou économie de marché, mais les deux principes organisateurs ont été « tempérés » partout.
-Dans les pays collectivistes, l’économie de marché s’est développée dans la relation offre-demande de biens et services courants.
-Dans les pays de libéralisme économique, le secteur public dirigé par l’Etat s’est développé au point de représenter 50% du PIB.
Voyons quels sont les différents types de « tempéraments » introduits en économie de marché.
-En matière de production de biens et services, et en plus des services publics régaliens (Police, justice, santé, etc.), il y a eu des nationalisations d’entreprises, des modes de financement particuliers pour encourager à créer ou maintenir une entreprise ou à exporter et des prix « subventionnés » pour les rendre plus abordables par les utilisateurs.
-En matière de revenus, le « tempérament » le plus importants concerne les attributions de revenus sans lien avec le travail, pour permettre à des membres sans ressources de subvenir à leurs besoins.
-En matière de management de l’entreprise, les salariés sont devenus décideurs comme les actionnaires et en matière de répartition des bénéfices, ils sont devenus parties prenantes.
En fait, dans les économies en principe libérales, et en France en particulier, la « bataille » se développe désormais, entre les tenants de l’économie de marché pure et les tenants des services publics, entre le secteur privé et le secteur public.
Les premiers estiment « bridés » leurs efforts en faveur du développement économique par les prélèvements fiscaux nécessaires au fonctionnement du secteur public ; les seconds estiment toujours que tout développement du secteur privé accroit les inégalités sociales, voire développe la paupérisation et gaspille les ressources naturelles.
Source : diverses
Aucune reproduction ne peut être faite de cet article sans l’autorisation expresse de l’auteur. A. Uzan. 2/ 03/2026