A la une
Me contacter

 

 

L’écosystème français d’économie circulaire est peu connu bien que développé.

Pour ceux qui ne veulent pas se contenter d‘entendre parler d’économie circulaire, le Cabinet conseil PWC (PricewaterhouseCoopers) a réalisé une étude complète de cet écosystème.

Rappelant les raisons bien connues de développer un tel écosystème, PWC en présentent les acteurs et le fonctionnement, ainsi que le enjeux et difficultés.

 

  1. L’écosystème français d’économie circulaire.

Dans un monde aux ressources limitées, l’économie circulaire a pour objectif de maintenir la valeur des produits, des matériaux et des ressources aussi longtemps que possible.

Comme l’illustre le graphique suivant, l’économie circulaire vise à :

Réduire la consommation de ressources naturelles ;

Lutter contre les gaspillages et l’obsolescence programmée ;

Favoriser la réparation, le réemploi, le remanufacturing.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous l’effet des règlementations publiques et des initiatives d’entreprises, ont été créées des filières dites REP (Responsabilité élargie du producteur) qui réunissent les metteurs en marché d’un type de produit et les acteurs qui collaborent à la circularité de leur production, comme l’illustre le graphique joint :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On voit qu’il s’agit maintenant de la prise en charge de tout le cycle de vie du produit, depuis l’éco-conception jusqu’au recyclage, en passant par la réparabilité et le réemploi.

Des entreprises « éco-organismes » jouent un rôle central en :

conseillant et accompagnant les metteurs en marché, en particulier lors de l’éco conception ;

collectant et redistribuant les écocontributions et en assurant la collecte et le tri des déchets ;

développant des filières de réparation et de réemploi, contribuant à allonger la durée de vie des produits.

 

  1. Les filières REP retenues comme clés pour accélérer la transition vers l’économie circulaire.

(REP : responsabilité élargie du producteur »)

Le graphique ci-dessous liste les filières existant (liste des filières REP à https://filieres-rep.ademe.fr/filieres-rep)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les filières rouges du graphique sont retenues par l’Union Européenne comme prioritaires en raison de leur fort impact environnemental.​

 

Voyons quels sont les enjeux et difficultés propres à ces chacune de ces filières stratégiques

 

2.1. La filière PMCB (Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment) 

Cette filière concerne le secteur générateur de déchets le plus important ; mais elle est caractérisée par la présence de filières peu performantes de nombreux matériau et par une réticence à payer des éco contributeurs.

Créer un écosystème performant, ici, exigerait de développer les opérations suivantes :

alléger les produits utilisés et utiliser les matériaux recyclés ;

-développer des offres de produits sur mesure (à façon) et utiliser des modes de transports « bas carbone » ;

-organiser la traçabilité des produits vendus en vue de leur réemploi ;

-réaliser des produits démontables ;

-organiser l’enlèvement des déchets à la source du chantier.

 

2.2. La filière emballages ménagers (plastique)

Cette filière collecte environ 4 millions de tonnes (MT) mais ne peut en recycler qu’1 MT et n’en recycle finalement que 0.6 MT ; la réduction des usages est donc indispensable.

Les freins au développement de la filière sont d’ordre divers :

Freins économiques

–la concurrence internationale est forte ainsi que les incertitudes économiques ;

–les prix du recyclage sont dissuasifs.

Freins réglementaires

–Les entreprises doivent naviguer entre réduction de l’impact environnemental et exigences du règlement sanitaire européen (REACH) concernant l’utilisation et la réutilisation.

Freins opérationnels

–les capacités de recyclage sont limitées ;

–les filières de collecte et de tri sont insuffisants ;

–manquent des données fiables sur les stocks et les flux de matières plastiques recyclées ;

–manque la visibilité sur les débouchés des produits plastiques recyclés.

 

2.3. La filière des équipements électriques et électroniques (EEE) ménagers.

Les freins à son développement sont les suivants

-la baisse des ventes des produits neufs et la concurrence sur la vente de produits de seconde main ;

-la difficulté de collecter des produits, gros et relevant de plusieurs s filières.

Le marché de seconde main (reventes en l’état ou reconditionnés) croit vigoureusement (doublement en 10 ans) grâce au développement des offres de seconde main des enseignes traditionnelles, des réseaux de ventes de seconde main et des plateformes d’intermédiations.

 

2.4. La filière des batteries.

Elle concerne plusieurs domaines, chacun ayant des difficultés et enjeux différents :

-Pour la production industrielle :  développement de batteries modulaires (démontage et recyclage) ; volume croissant des batteries en fin de vie ; faible rentabilité du recyclage.

-Pour les moyens de transports électriques légers (vélos électriques etc.) : fragmentation de l’offre rendant difficile la collecte et le recyclage.

-Pour les automobiles électriques et hybrides : batteries lourdes et dangereuses.

-Pour les piles et accumulateurs portables :  volumes de plus en plus élevés et miniaturisation.

 

2.5. La filière textile

Les objectifs sont bien connus :

-proposer des produits qui réduisent leurs impacts sur l’environnement ;

-développer de nouveaux services en profitant de l’essor du marché de l’occasion (réparation, location, abonnements, revente de vêtements d’occasion) ;

-adopter des pratiques qui montrent l’engagement réel de la marque envers la protection de l’environnement.

 

Les difficultés restent grandes :

-les coûts de plus en plus élevés sont entrainés pour les collectivités locales en raison des déchets non collectés (dépôts sauvages, diminution de la collecte traditionnelle, etc.) ;

– des difficultés de trouver des repreneurs pour les textiles collectés ;

– une forte concurrence sur les débouchés (volume et prix de la demande) ;

– des capacités de collecte insuffisantes ;

-une dégradation de la qualité de la collecte (ventes entre particuliers, mode jetable, stockage)

 

Au total, il est clair que ces filières sont très utiles et doivent bénéficier d’aide au développement mais clair aussi que ce type d’écosystème atteint nécessairement et rapidement ses limites.

Il faut progressivement passer du stade de la « réparation » au stade de l’absence du besoin de réparer.

 

  1. Plus d’entreprises intégrant la circularité.

 

Au regard de l’économie circulaire, le rapport de PWC distingue trois types d’entreprise existantes (sans donner de nombres).

-Les acteurs de l’économie « linéaire » attachés au modèle traditionnel où la circularité se limite à respecter les obligations réglementaires.

-Les acteurs qui ont amorcé quelques actions périphériques d’économie circulaire pour faire face aux exigences de la concurrence sans changer de modèle économique.

-Les entreprises qui ont pleinement intégré l’économie circulaire au cœur de leur modèle d’affaires. Elles se positionnent comme pionnières et font de la circularité un levier stratégique de compétitivité et de résilience.

 

Intégrer la circularité conduit à se poser de nombreuses et difficiles questions relatives à la conversion à opérer :

– quelle vision de la future entreprise et quelles étapes parcourir (créer un département spécial ou une filiale) ?

– quelles nouvelles compétences à acquérir et formation à donner ?

– quelle éco-conception et moyens de la réaliser ?

– quels produits et avec quelle modularité ?

– quelle « supply chain » (fournisseurs, équipements, etc.) ?

– quelle promotion de l’offre aux yeux des clients et prospects ?

– quelle organisation ?

– quel système de contrôle de la circularité et des résultats ?

 

 

Source : https://www.strategyand.pwc.com/fr/fr/publications/2025/06/creer-de-la-valeur-par-l-economie-circulaire.html

 

Autres articles sur le même thème :

https://outilspourdiriger.fr/les-prospects-soucieux-de-durabilite-et-dethique/

https://outilspourdiriger.fr/conquerir-des-prospects-soucieux-de-durabilite/

 

 

Aucune reproduction ne peut être faite de cet article sans l’autorisation expresse de l’auteur.  A. Uzan. 22/ 03/2026