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André Uzan

Ancien universitaire

Créateur d’entreprise

Pourquoi si peu de femmes dirigeantes ? Pourquoi si peu de femmes dirigeantes ?

 

Les raisons habituellement avancées au faible nombre de femmes dirigeantes se ramènent très sommairement à 3 types :

– elles ne sont pas capables ;

– elles ne sont pas intéressées ;

– elles sont intéressées et capables mais incapables de briser le plafond de verre constitué par les stéréotypes ; et ces stéréotypes sont nombreux comme on peut le lire dans l’article suivant signalé sur Linkedin par Patrick FITE « Les 7 pires stéréotypes auxquels les femmes doivent faire face en entreprise »  http://www.journaldunet.com/management/vie-personnelle/pires-stereotypes-pour-les-femmes-au-travail.shtml .

Voici ces 7 stéréotypes :

– On s’attend à ce qu’elles fassent des enfants et qu’elles quittent leur poste.

– On s’attend à ce que ce soient elles qui s’occupent des enfants.

– Elles sont jugées de manière plus sévère lorsqu’elles donnent leur avis.

– On s’attend à ce qu’elles aient de bonnes compétences relationnelles.

– Elles sont toujours considérées comme des subalternes de leurs maris.

– Elles sont perçues naturellement comme plus faibles que leurs collègues masculins.

– Elles sont plus jugées sur leur apparence que les hommes.

 

Voici une analyse nouvelle, analysant plus profondément les effets des stéréotypes non seulement sur les femmes mais aussi sur les hommes et finalement sur les entreprises et l’ensemble de la société.

Elle a été publiée par le Professeur T.Chamorro-Premuzic dans Harvard Business Review du 22 aout 2013. http://blogs.hbr.org/2013/08/why-do-so-many-incompetent-men/

La cause principale de la faible proportion de femmes dirigeantes est notre tendance à interpréter les signes de confiance en soi émis par quelqu’un comme des signes de compétence.

Cette incapacité de faire la différence entre confiance en soi et compétence est particulièrement forte chez les hommes candidats à la direction et chez les hommes qui les « élisent ». Freud disait que les groupes transféraient leurs tendances narcissiques sur des leaders narcissiques pour compenser leur incapacité de s’aimer eux-mêmes.

On doit reconnaitre aux leaders masculins confiants en eux-mêmes qu’ils aiment relever des défis difficiles, ce qui peut être de nature à servir d’exemple et à entrainer les autres, mais ils peuvent aussi tendre à devenir sur-confiants et arrogants, coté noir du leadership qui  donne priorité aux objectifs personnels, aveuglement aux carences et aux dangers, excès d’optimisme sur les résultats possibles, machiavélisme ; etc. ; et c’est ce que montrent les études faites sur des milliers de managers hommes de toute industrie et de tout pays ; ils sont plus arrogants que les managers femmes, plus manipulateurs et plus dangereux.

Par contre l’humilité est une tendance beaucoup plus répandue chez les femmes que chez les hommes.

Les femmes sont supérieures aux hommes en matière d’intelligence émotionnelle ce qui est fortement inducteur de comportements modestes. Une étude portant sur 23.000 personnes de 26 cultures différentes montre que les femmes sont plus sensibles, attentionnées et humbles que les hommes, ce qui n’est pas une découverte nouvelle. De plus, de nombreuses études montrent que les femmes dirigeantes  tendent à adopter les stratégies de leadership les plus efficaces ;  elles sont plus enclines à respecter leurs collaborateurs et à se montrer fières d’eux ; elles communiquent leur vision plus clairement ; elles stimulent mieux leur collaborateurs et abordent les problèmes de façon plus flexible et créative.

Par contre, les managers hommes sont moins enclins à communiquer avec leurs collaborateurs et plus réticents à les récompenser pour leur performance.

Il résulte ainsi que les qualités ouvrant aux hommes l’accès aux hautes directions sont opposées aux qualités nécessaires du leader, d’où le nombre important de gens promus qui se révèlent incompétents. Par contre les femmes doivent être plus qualifiées et plus compétentes  que les hommes pour être choisies comme leaders, comme femmes dirigeantes.

 

Il est sûr que le chemin à parcourir pour devenir dirigeant est actuellement nettement plus difficile pour les femmes que pour les hommes mais il serait inadapté et contre-productif d’inciter les femmes à faire comme les hommes !

Le vrai problème à résoudre est l’absence d’obstacles sur le parcours des hommes incompétents. Le système actuel récompense les hommes pour leur incompétence et pénalise les femmes pour leurs compétences, au détriment de tous.

 

 

Aucune reproduction, ne peut être faite de cet article sans l’autorisation expresse de l’auteur”.  A.Uzan. 28/04/2014