Agents IA, robots et personnes en Europe, substitution ou coopération ? La plupart des dirigeants et des experts soulignent les promesses de l’IA, mais beaucoup d’employés voient l’IA comme une menace imminente.
En fait, selon le Cabinet McKinsey, beaucoup d’éléments conduisent à penser qu’il est plus probable que le travail futur exigera la collaboration entre personnes, agents d’IA et robots plutôt que la substitution au dépend du personnes.
Les compétences humaines resteront indispensables mais seront appliquées différemment, en collaboration avec l’IA et les robots. L’intelligence artificielle et l’automatisation transformeront la manière dont le travail sera effectué dans les économies avancées.
D‘ailleurs, le passage vers une main-d’œuvre hybride homme-IA-robot a déjà commencé.
Voyons les arguments soutenant cette conclusion avancée par le Cabinet McKinsey.
- Le potentiel d’automatisation du travail en Europe.
Le tableau ci-dessous tente une estimation du potentiel d’automatisation du travail, par exemple en Europe.
En ligne, il distingue les activités selon qu’elles exigent des capacités physiques ou exclusivement des capacités intellectuelles ; en colonne, il distingue ce qui est automatisable et ce qui ne l’est pas ;
Ainsi, concernant les activités exigeant des capacités physiques, seulement 14 % des heures de travail sont jugées automatisables par des robots ; et concernant les activités qui exigent exclusivement des capacités intellectuelles 44% des heures de travail sont jugées automatisables par des agents IA.

Cette estimation ne veut pas dire que cette substitution est inéluctable et entrainera une perte d’emplois généralisée.
Plus probablement, cela prédit un changement dans la manière dont le travail sera réalisé. À mesure que les tâches au sein des emplois seront automatisées, les rôles évolueront et de nouvelles activités émergeront, entraînant des changements profonds dans la manière dont les travailleurs appliquent leurs compétences.
Le travail impliquera de plus en plus la collaboration entre personnes, agents IA et robots
- Les types d’activités par secteur et l’automatisation.
La combinaison des activités physiques et intellectuelles varie considérablement selon le secteur, influençant à la fois le type et le rythme possible de l’automatisation.
Environ les deux tiers des heures de travail totales dans les dix pays européens étudiés ne concernent que des activités intellectuelles (non physiques) notamment le traitement de l’information, l’analyse et la coordination dans les domaines du management, la vente, l’ingénieurie, les sciences, les arts, l’éducation et les affaires.
En analysant environ 800 professions, le Cabinet perçoit sept archétypes de travail futur, selon leur combinaison de personne, agent et robots :
-les métiers futurs exercés principalement par des personnes : par exemple, le management ;
-les métiers futurs exercés principalement par des personnes et des agents IA : par exemple, la vente, l’enseignement ;
-les activités futures exercées principalement par des agents IA : par exemple, le secrétariat, la comptabilité, le logiciel ;
-les métiers futurs exercés principalement par des personnes et des robots : par exemple, la maçonnerie ; l’isolation ;
-les activités futures exercées principalement par des robots ; par exemple, l’emballages, le nettoyage, le stockage ;
-les métiers futurs exercés principalement par des personnes, des agents IA et des robots : par exemple, la plomberie, l’assistance médicale, l’art plastique ;
-les activités futures exercées principalement par des agents IA et des robots : par exemple, la sécurité, le transport, la peinture en bâtiment ;
Les métiers exercés par des personnes représentent environ 31 % de l’emploi dans les dix pays européens.
Ces professions reposent fortement sur le jugement humain, les interactions interpersonnelles et l’adaptabilité dans des environnements physiques ou sociaux non structurés.
Dans les métiers hybrides où les gens travaillent aux côtés d’agents IA, de robots, ou des deux (par exemple, les commerciaux, les plombiers et les assistants médicaux) — les personnes restent centrales, gérant les activités à plus grande valeur ajoutée tandis que les agents IA ou robots s’occupent de tâches plus répétitives.
- La détermination économique de l’automatisation.
Le rythme d’adoption de l’IA et de l’automatisation dépendra des considérations de « coût-bénéfice », des niveaux d’investissement et de la préparation organisationnelle, ainsi que du temps nécessaire pour développer et déployer des systèmes.
Les agents d’IA représentent la plus grande part de la valeur potentielle totale de l’automatisation en Europe, la robotique constituant le reste. Ces agents d’IA peuvent être mis en œuvre rapidement même dans des secteurs exigeant des qualités physiques intensives, comme la fabrication, les agents d’IA pouvant prendre en charge la planification, le contrôle de qualité, l’approvisionnement et la coordination de la chaîne d’approvisionnement.
Des secteurs tels que la finance, l’assurance, les services éducatifs et les services professionnels affichent les plus fortes parts d’activités d’agents IA.
Les secteurs plus physiquement intensifs, tels que la fabrication, la construction, l’hébergement et les services alimentaires, affichent une part plus élevée des robots.
- Introduire des agents d’IA conduit à repenser les flux actuels de travail.
Appliquer l’IA dans les processus en cours n’apporte que des bénéfices limités, car des inefficacités dans le processus global en cours persistent. Il faut refonder les flux de travail (réduire les transferts, réduire les couches de coordination et intégrer des activités fragmentées).
À mesure que les flux de travail évoluent, la structure des rôles évolue. Les tâches sont redistribuées entre les personnes et les machines, remodelant la manière dont les compétences sont appliquées en pratique.
Les travailleurs appliqueront de plus en plus leurs compétences aux côtés des agents et des robots
- L’exposition des compétences à l’automatisation.
Environ 75 % des compétences actuellement demandées par les employeurs en Europe sont utilisées dans des activités professionnelles à la fois automatisables et non automatisables
La demande pour des compétences liées à l’IA a augmenté dans tous les pays. Ce qui est demandé, en fait, c’est la capacité pratique d’utiliser et de gérer l’IA dans le travail quotidien, c’est-à-dire l’intégration de l’IA dans les flux de travail, l’interprétation des résultats et l’application de jugement dans l’utilisation de l’IA.
En pratique, la maîtrise de l’usage d’IA se manifeste dans des tâches telles que la rédaction et l’affinement de contenu, le résumé d’informations, la génération d’options analytiques et la création de prototypes légers à l’aide d’outils non codés.
Le rythme du changement fait que la maîtrise de l’IA nécessite de plus en plus des compétences complémentaires telles que l’adaptabilité, l’apprentissage continu et le confort à opérer dans de nouveaux environnements homme-machine.
Parce que la maîtrise de l’IA s’applique à un large éventail de professions, la demande de cette compétence touche une part beaucoup plus large de la main-d’œuvre.
-Les compétences telles que la résilience, l’influence, l’empathie, la collaboration, l’analytique et la résolution de problèmes sont moins exposées à l’automatisation ; ce qui signifie qu’elles sont plus susceptibles d’être augmentées par l’IA plutôt que remplacées.
La prise de décision clinique dans le secteur de la santé, la négociation dans les services professionnels et l’enseignement dans l’éducation font partie des compétences qui évolueront probablement moins, même si l’IA joue un rôle de soutien.
-Les compétences de contrôle qualité, de développement logiciel, de facturation, de comptabilité et de programmation sont plus largement exposées à l’automatisation.
-Les compétences numériques et en traitement de l’information comptent parmi les compétences qui sont les plus exposées à l’automatisation ; en particulier les langages de programmation et la saisie de données de routine.
Il en va de même des compétences concernant la facturation, le rapprochement et la surveillance des transactions dans les services financiers, ainsi que l’exploitation de machines et d’aptitudes mécaniques dans la fabrication avancée.
Cette analyse suggère que la plupart des compétences pourraient être remodelées grâce à la collaboration entre les personnes et l’IA plutôt que d’être purement et simplement remplacées
Les travailleurs passeront de l’exécution des tâches à l’orchestration des systèmes qui les exécutent. À mesure que l’automatisation se répandra, les changements les plus significatifs pourraient concerner la manière dont les compétences humaines sont appliquées dans les emplois.
Les travailleurs auront besoin d’une plus grande maîtrise de l’IA, tandis que les entreprises auront besoin de nouveaux flux de travail, de nouveaux modèles de gouvernance et d’investissements dans les compétences nécessaires pour travailler efficacement aux côtés des systèmes d’IA.
Certains rôles et activités risquent de décliner et d’autres émergeront. Préparer les personnes à ces changements de rôle et de compétences est un défi central.
Les choix faits aujourd’hui par les entreprises, les décideurs politiques et les éducateurs influenceront la manière dont l’adoption de l’IA se déroulera et comment les travailleurs s’adapteront.
Ainsi, les analyses ci-dessus paraissent bien fonder que ce ne sera pas la substitution des personnes par l’IA et les robots qui prévaudra mais, plus probablement, la coopération entre personnes agents d’IA et robots.
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